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Détails du projet de conservation de l’ara de Buffon

 

DETAILS DU PROJET DE CONSERVATION DE L’ARA DE BUFFON

La splendeur de l’ara de Buffon et son imposante stature font de lui un oiseau très recherché. Malheureusement, ses atouts, combinés à la destruction de son environnement ont contribué à la régression massive de ses effectifs. En 2006, l’UICN l’a classé dans la catégorie « En danger » sur sa liste rouge. Deux sous-espèces ont été décrites dans les années 1800. La sous-espèce nominale, Ara ambiguus ambiguus se rencontre de l’Est du Honduras au Nord de la Colombie, cependant que la population constituée d’une douzaine d’individus d’Ara ambiguus quayaquilensis est isolée en Equateur. La sous-espèce équatorienne semble être présente au Nord, dans la région d’Esméraldas et au Sud, dans la cordillère Chongon-Colonche et plus particulièrement, dans la réserve du Cerro Blanco. Aucune réelle étude de la situation de cet oiseau n’a été réalisée au Nord de l’Equateur. Ainsi, la dernière observation de cette sous-espèce dans la nature a été faite en février 2005, date à laquelle un groupe de 7 individus a été aperçu dans les mangroves jouxtant la réserve du Cerro Blanco. ...La situation est critique.

L’EEP de l’ara de Buffon a été créé en 1994, cependant, le zoo des Sables d’Olonne ne coordonne ce plan d’élevage que depuis 2002. Bien que de grands efforts de création de couples aient été réalisés depuis 4 ans, sur 54 individus seules 3 paires reproduisent à l’heure actuelle. Une simulation de l’état de la population dans 10 ans, effectuée en 2005, a révélé une situation très inquiétante. Le taux de croissance de la population, anormalement faible, risque d’induire une chute drastique de sa taille et de sa diversité génétique. Parallèlement à la gestion de la population captive européenne, le zoo des Sables d’Olonne aide financièrement et techniquement les projets de conservation in situ de l’ara de Buffon, et plus particulièrement la Fondation Probosque.

La Fondation Probosque, sous l’égide d’Eric Von Horstman, gère la réserve du Cerro Blanco qui s’étend sur 6708 hectares, et qui constitue l’un des derniers lambeaux de forêt sèche d’Equateur. D’une biodiversité étonnante, elle compte notamment 219 espèces d’oiseaux. La fondation œuvre pour la protection de l’environnement au sein de la réserve : établissement d’un inventaire floristique et faunistique, restauration des zones dégradées, gestion d’une pépinière d’espèces végétales natives, travail avec les membres des communautés voisines, éducation à l’environnement... Cependant, faute de moyens financiers et de supports scientifiques, et malgré les importants efforts de la fondation, la population régionale d’ara de Buffon est en pleine régression. Il est temps d’agir efficacement pour sa conservation.

Afin d’œuvrer de façon efficace pour la conservation de l’ara de Buffon en Equateur, il était tout d’abord nécessaire de répondre à une question cruciale : existe-t-il une ou deux sous-espèces d’ara de Buffon ? La sous-espèce Ara ambiguus guayaquilensis a été décrite par Chapman en 1925 sur des critères anatomiques. Depuis, les méthodes de classification ont évolué et la génétique permet, à présent, de classifier les groupes au sein d’une même espèce selon leur distances génétiques. Ainsi, en collaboration avec le laboratoire d’analyse génétique CODGENE et avec la participation des associations « Lapa Verde » du Costa Rica, « Pro-Bosque » d’Equateur et « Ecolombia » de Colombie, le zoo des Sables d’Olonne a initié une étude génétique ayant pour but de trouver un marqueur génétique différenciant les deux sous-espèces. Les résultats préliminaires montrent qu’il existe clairement deux sous-populations, Costa Rica/Colombie et Equateur, cependant leur distance génétique est extrêmement ténue.

Vu l’urgence de la situation, la sauvegarde de l’ara de Buffon en Equateur doit être menée parallèlement sur deux fronts : ex situ et in situ. En 2006, le zoo des Sables d’Olonne a subventionné le stage d’un étudiant reçu par la Fondation Probosque, afin de concevoir l’établissement d’un corridor biologique. A l’issue de ce stage, en accord avec les populations locales, un corridor de 20 000 hectares est en cours de création. A cette même période, le zoo des Sables d’Olonne a subventionné et dirigé le stage d’une étudiante chargée de l’élaboration du studbook équatorien de l’ara de Buffon. Celui-ci est formé de 27 individus captifs, appartenant à 4 institutions différentes. Un effort pour optimiser la reproduction doit absolument être fait, car le sex-ratio est très déséquilibré (15.6.6) et seuls 3 couples reproduisent à l’heure actuelle. Dans ce contexte, l’utilisation des techniques d’insémination artificielle et d’élevage à la main seraient louables.